
Dans la tradition japonaise, est ancrée au plus profond des âmes, la vision d’un chemin. Un chemin, plus beau et plus important que le but à atteindre. Les voies du guerrier, du zen, du thé, de la souplesse (“judo”) sont autant de quêtes individuelles. Un apprentissage qui se fait par le corps plus que par les mots. Gestes répétés à l’infini, maîtriser la forme pour accéder à la substance et à un certain apaisement de l’esprit.
Les rituels de beauté participent de cette philosophie et se confondent avec l’art de vivre. Les Japonaises suivent au quotidien des routines codifiées, ancrées dans la culture du pays depuis la nuit des temps. Le nettoyage du visage, par exemple. L’huile, d’abord, pour la profondeur, l’eau et la mousse ensuite pour la fraîcheur et la purification. A chaque étape sa sensorialité et son présent affirmé. A coups de caresse nous massons légèrement peut-être, nous posons le produit là. Fermons les yeux pour mieux sentir nos joues. Pour qu'il n'y ait plus d'ailleurs, rien que la douceur de la vie au toucher de la peau.
L’arme du judo est la souplesse, l'arme de la beauté la douceur, celle-ci impose sa mesure, la délicatesse. Plus que les autres vertus, elle est tactile. Une de ses zones de contact privilégiées, la main, le bout des doigts. Balayage corporel en pleine conscience. Une attention quotidienne. Le soin de soi comme chemin de vie.
Avec cette routine, cette discipline, les Japonaises travaillent naturellement sur la prévention, la durabilité, une manière différente d’approcher le temps qui s’écoule. (difficile à accepter pour nous les occidentales, qui recherchons souvent le résultat immédiat). Cette prévention quotidienne apporte également une certaine paix intérieure qui permet d'anticiper les imprévus de manière confiante et sereine, un phénomène dont nous pouvons comprendre l'importance quand nous savons à quel point le stress peut affecter la santé et la beauté.